MAN OF STEEL

Critique initialement publiée le 25 juin 2013

Film américain de Zack Snyder     

Genre : Action, Science-fiction, Superhéros

Interprètes : Henry Cavill (Clark Kent), Amy Adams (Lois Lane), Michael Shannon (Général Zod), Russel Crowe (Jor-El).

Durée : 2 h 20  

La note : 4/10

En deux mots : Reboot inutile et moche de Superman, nouvelle illustration du manque d’imagination et de courage des majors.

Le réalisateur : Né en 1966 dans le Wisconsin, Zack Snyder acommencé dans la publicité. Il réalise en 2003 « L’armée des morts« , un remake de « Zombie » de Georges Romero. En 2007, il tourne «  300« , péplum eugéniste à l’esthétique néo-nazie, suivi par « Watchmen » en 2009 et « Zucker Punch » en 2011.

Le sujet : La planète Krypton est sur le point d’exploser ; Jor-El et sa femme décide alors de s’emparer du codex sacré des Kryptoniens et de l’envoyer sur une planète lointaine avec leur fils nouveau-né, Kal-El. Le Général Zod qui vient de faire un coup d’état essaie en vain d’empêcher le départ de la fusée et tue Jor-El. Des années plus tard, Kar-El qui a été recueilli par un couple de fermiers du Kansas, les Kent, découvre ses super pouvoirs.

La critique : Après dix jours coupés du monde, je n’avais rien lu sur ce reboot de Superman, et si le nom de Zach Snyder me disait quelque chose, je n’avais pas fait le rapprochement avec le pire des 590 films critiqués jusqu’alors, «  300« . La recommandation d’une amie aux goûts hétérogènes, les bonnes surprises des derniers «  Batman » et le souvenir d’un demi-bon film avec la dernière incarnation du héros en collant moule-burnes bicolore, «  Superman Returns » de Bryan Singer, m’ont convaincu de mettre fin à mon sevrage cinématographique forcé en allant voir ce film, et de le regarder sans aucun a priori. 

Première remarque, une photographie délavée qui me rappelle vaguement quelque chose, mais bon, peut-être est-ce dû à la réfractation de la lumière dans l’atmosphère kryptonienne ? Las, une fois sur Terre, on retrouve les mêmes filtres aux teintes chiasseuses, il s’agit donc d’un choix esthétique, si tant est que je puisse employer ce mot pour évoquer cette dominante calendrier des postes, celui avec les chatons. Point de vue esthétique, la technologie kryptionienne produit des engins entre la mante religieuse et la larve de sphinx tête-de-mort, le tout filmé par une caméra parkinsonienne sur fond de décor inspiré de « Dune« , bref, c’est bien laid.

Comme dans tout bon reboot, on revient aux origines, et si on découvre Lois Lane au bout d’une petite heure, ce n’est qu’à la fin qu’on voit Clark Kent rentrer au Daily Planet, et seul un logo Lexcorp semble annoncer l’apparition de Lex Luthor dans la suite à venir. Après un bien long prologue sur Krypton aux effets spéciaux à la fois surchargés et cheap, on nous balance les épisodes fondateurs de la chrysalide du jeune Superman à coup de flashbacks emboîtés qui donnent un écoulement narratif chaotique, pour parvenir à l’affrontement décisif qui n’en finit pas, avec une débauche d’effets numériques captés par une caméra désorientée et épileptique et une énième catharsis du 11 septembre.

Après le mémorable Brandon Routh, c’est donc l’inoubliable Henry Cavill qui incarne le superhéros binational (krypto-américain), avec comme son prédécesseur l’argument d’une vague ressemblance avec Christopher Reeves et une musculature d’Hercule de foire. Pour incarner ses deux pères, le biologique et l’adoptif, on est allé chercher chez les Robin des Bois (ceux d’Hollywood, pas ceux de Comédie !), Russel Crowe et Kevin Costner, qui ont tous les deux du mal à faire exister leurs personnages stéréotypés. Comme souvent dans les films adaptés de comics, c’est le méchant qui s’en sort le mieux, rôle assumé ici par Michael Shannon, qui donne une dimension shakespearienne à son personnage de guerrier destructeur animé par le devoir de défendre son espèce.

Comparé à «  300« , « Man of Steel » partage une esthétique déplaisante et des mouvements de caméra fatigants ; au moins, il n’y ajoute pas une idéologie nauséabonde, juste deux ou trois tartines d’american values, exaltation de la famille et de la patrie mâtinée d’un soupçon de dénonciation de la toute-puissance gouvernementale. Si on reconnaît bien, hélas, le style de Zach Snyder (oxymore ?), on a du mal à retrouver la patte de Chris Nolan qui est aux manettes du projet en tant que producteur. Énième avatar de la saga de la créature de Jerry Siegel et Joe Shuster, cet homme d’acier n’apporte rien, même pas un divertissement potable, et confirme une nouvelle fois que sans un véritable auteur, un film de studio ne peut pas déboucher sur une œuvre à part entière.

Cluny

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