Critique initialement publiée le 9 juillet 2013
Film américain de Marc Foster

Interprètes : Brad Pitt (Gerry Lane), Mireille Enos (Karen Lane), Daniela Kertesz (Segen), Fana Mokoena (Thierry).
Durée : 1 h 56
La note : 5/10
En deux mots : Énième film de zombies, sans originalité particulière, si ce n’est le principe homéopathique de la résolution.
Le réalisateur : Né en 1969 à Ulm, en Allemagne, Marc Foster quitte la Suisse pour étudier la réalisation à New York. Après plusieurs documentaires, il réalise son premier film en 1996 « Loungers« , primé au Festival de Slamdance. En 2000, « Everything put together » est remarqué au Festival de Sundance. Mais c’est « A l’ombre de la Haine » qui lui vaut en 2001 la reconnaissance du grand public, et offre à Halle Berry un oscar. Il réalise ensuite « Neverland » en 2003, « Stay » en 2005, « L’incroyable Destin de Harold Crik » en 2006, « Les Cerfs-volants de Kaboul » en 2007, « Quantum of Solace » en 2008 et « Machine Gun Preacher » en 2011.
Le sujet : Ancien agent spécial de l’ONU, Gerry Lane se trouve pris avec sa famille dans une attaque de zombies au milieu de Philadelphie. Évacué avec les siens en hélicoptère jusqu’au navire de commandement de la flotte qui essaie d’organiser la résistance, il se voit obligé pour sauver sa famille de reprendre du service pour tenter de remonter à la source de ce virus qui transforme les humains en zombies.
La critique : Marc Forster fait partie de ces réalisateurs dont on découvre en rentrant chez soi que, ah ben oui, on a déjà vu certains de ces films. En l’espèce et en ce qui me concerne, « À l’ombre de la Haine« , « Neverland » et « L’incroyable Destin de Harold Crik« , ce dernier étant de loin le meilleur au milieu d’une filmographie éclectique, avec la trajectoire de nombreux réalisateurs d’origine européenne à Hollywood, du film indépendant au blockbuster en passant par le James Bond de service. Blockbuster donc, avec l’adaptation du roman de Max Brooks, le fils de Mel, qui trouve sa place en ce début d’été en espérant profiter du renouveau du genre marqué par les succès de films comme « 28 jours plus tard« , « Shaun of the Dead » ou « Resident Evil« , sans oublier le tabac fait par la série produite par Frank Darabont (« Les Évadés« , « La Ligne verte« ), « The Walking Dead« .
Quand on se lance dans un tel projet, réaliser un film de zombies pour viser le box-office estival, il y a intérêt à avoir quelque chose de nouveau à apporter, que ce soit narrativement ou au niveau de la réalisation. En effet, il faut bien le dire, en soi, les zombies ne sont pas passionnants, sauf à justement adopter le point de vue des décérébrés, ce qu’a réussi avec finesse Jonathan Levine dans « Warm Bodies« . Dans ce « Word War Z« , les zombies sont cantonnés dans leur rôle de fourmis-vélociraptors, et on a beau nous expliquer qu’il s’agit de l’illustration de « l’intelligence distribuée » qui explique le comportement des bancs de poissons ou des colonies d’insectes, ils n’en restent pas moins des figurants mal grimés qui claquent des dents.
Afin de justifier le titre, notre héros va donc faire un périple de Philadelphie au Pays de Galles en passant par la Corée du Sud (mention spéciale à l’imagination des scénaristes qui mettent en exergue la résolution de la crise zombiesque par le régime du Kim-Jong Un, à savoir arracher les dents de 23 millions de personnes : pas de dents, pas de zombies !) et Israël, curieusement intégrée à l’histoire pour sa capacité controversée à ériger des murs… Bon, on sait que dans ce genre de film, on va prendre quelques libertés avec le réalisme, mais là, quand même, on est allé un peu loin dans le principe qui veut que le héros ne se relève qu’après avoir reçu une volée de coups, puisqu’il arrive au bout de son voyage avec un éclat d’avion dans le ventre suite à un crash (pour éliminer des zombies importuns d’une carlingue, quoi de mieux qu’une bonne vieille grenade ?) accompagné par une soldate de Tsahal fraichement amputée d’une main…
Ce n’est pas la réalisation qui va sauver le film du sentiment de déjà vu, puisqu’elle mélange plans d’ensemble montrant des foules erratiques retravaillés numériquement et gros plans de quelques images captés par une caméra spasmophile, ce qui fait que même avec un synopsis aussi simple (un méchant virus transforme les humains en zombies en moins de 12 secondes) on en arrive à ne plus rien comprendre à ce qui se passe. Bien loin de sa folie dans cet autre film apocalyptique qu’était « L’Armée des 12 singes« , Brad Pitt incarne consciencieusement le héros-malgré-lui attaché aux family values, entouré par des acteurs qui n’ont guère plus le temps d’exister qu’un zombie moyen. Pas vraiment raté, mais pas franchement réussi, « World War Z » ne demande pas un niveau de réflexion supérieur à celui d’un undead, condition minimale pour un succès assuré…
Cluny
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