Critique initialement publiée le 21 avril 2013
Film français d’Anthony Marciano
Genre : Comédie

Interprètes : Alain Chabat (Gilbert), Max Boublil (Thomas), Sandrine Kiberlain (Suzanne), Mélanie Bernier (Lola) .
Durée : 1 h 35
La note : 5/10
En deux mots : Plus une suite de sketchs qu’un véritable film, drôle par (rare) intermittence.
Le réalisateur : Anthony Marciano est l’un des fondateurs de My Major Company et a mis en scène certains spectacles de Max Boublil. « Les Gamins » est son premier film.
Le sujet : Thomas gagne sa vie en chantant dans les mariages ; c’est là que Lola le rencontre. Quelques temps plus tard, ils décident de se marier, et Lola présente Thomas à ses parents, Suzanne et Gilbert. Ce dernier a vendu son entreprise trois mois avant et déprime devant sa télévision, alors que sa femme prépare un projet humanitaire au Burkina Fasso. Au contact de Thomas, Gilbert sort de sa léthargie et décide de quitter Suzanne pour vivre une seconde adolescence.
La critique : Franchement, il y a un bon bout de temps que je ne cours plus voir les comédies françaises : humour poussif, mise en valeur d’humoristes dont le jeu n’est pas forcément la qualité première, suites de sketchs, autant de raisons répétées pour me dissuader de perdre mon temps. Bon, mais cette semaine, après un Gus Van Sant et un Wong Kar Wai, rien moins que ça, quel sera mon troisième choix ? C’est à la fois la suggestion d’un marsupial des Yvelines et l’enthousiasme des chroniqueurs de « Touche pas à mon poste ! » qui m’ont poussé finalement à préférer cette comédie sur un adulescent régressif au énième remake de « Les Sous-doués passent le bac« , même si j’avais eu la puce à l’oreille sur la remarque d’un des chroniqueurs de TPMP qui s’extasiait du fait qu’on rit « toutes les dix minutes« , ce qui en dit long sur le niveau habituel de la production hexagonale.
Depuis une bonne vingtaine d’années, la comédie française (pas celle de Louis XIV !) recycle par vagues les phénomènes exogènes au cinéma : la bande du Splendid, les Inconnus, les produits dérivés de Canal (Les Nuls, les Robins des Bois, Groland, Kad et O), le Morning Live, et depuis quelques temps, le croisement du stand-up et des YouTubers. C’est cette fois l’humoriste Max Boublil, rendu célèbre (?) par sa chanson « Ce soir… tu vas prendre » qui est à l’initiative du film, et qui en a confié la réalisation à son producteur Anthony Marciano, avec un budget suffisamment conséquent pour s’offrir Alain Chabat et Sandrine Kiberlain.
Dans ce genre de cas, la tentation est grande de recycler les sketchs de l’humoriste en question et de les enfiler comme des perles. Afin d’éviter ce syndrome, les auteurs se sont appuyés sur une idée de départ plutôt séduisante : c’est le futur beau-père dépressif qui va entraîner son gendre dans une virée régressive. Malheureusement, si cette idée permet quelques scènes qui fonctionnent, la sauce qui prétend unir le tout est plutôt indigeste : à la fois par la dimension caricaturale des deux personnages féminins (« toutes des casses-couilles« …), et par la morale à la Frigide Barjot qu’induit la happy end.
Il y a bien quelques idées de gag originales, comme le fait de faire dialoguer deux applications iPhone, le jubilé de Papi Marcel, qui a fait fortune dans l’immobilier en 1942, ou la traduction du discours de l’Iranien qui rappelle celle de Roberto Benigni dans « La Vie est belle« . Mais il y a aussi des scènes franchement pas drôles, comme celle du vendeur de vin bourré qui se tripote ou les défis du type « Pour combien tu es prête à lui lécher les aisselles ?« . Alors, effectivement, on rit ou sourit toutes les dix minutes, et je laisserai mes lecteurs décider si la bouteille est à moitié vide ou à moitié pleine…
Cluny
PS de 2026 : J’ai depuis vu « Play« , avec Max Boublil et Alice Isaac, beaucoup plus abouti.
Laisser un commentaire